A croire que je ne sais faire que des trucs de base…
La Purée, dieu que c’est fabuleux la purée. On en mangerait.
La purée de pommes de terre, c’est un genre de mixture incroyable qui doit impérativement rester simple pour être bonne. Je sais bien que les collèges culinaires se battent depuis des millénaires pour savoir comment c’est-y donc qu’il faut la faire c’te purée? Comment qu’on cuit les patates? au four? on crème?
Mais foin de tout cela, je m’en vais de ce pas vous proposer la mienne, qui me vient, comme il se doit, en directe ligne de ma grand-mère.
La purée, monument incontournable de la civilisation
Cuire dans de l’eau salée les pommes de terre coupées en quartiers ou dans une autre division qui vous conviendra. L’idéal c’est que tous les morceaux aient la même taille pour qu’ils arrivent à cuire de la même manière.
Pendant ce temps, faire chauffer, sans arriver à ébullition, le lait agrémenter d’une ou deux gousses d’ail.
Une fois les patates cuites, oui, quand le couteau entre à cœur sans forcer, voilà, vous voyez? Une fois les patates cuites, disais-je, les égoutter vite vite, elles doivent rester les plus chaudes possible.
Ensuite, on a le choix entre deux méthodes : la moulinette à légumes, classique et efficace, ou l’écrase-purée (à défaut, une paire de fourchettes fera l’affaire).
On écrase consciencieusement les tubercules et on y ajoute le lait chaud (avec les gousses d’ail pour qu’elles aussi soient écrasées).
Ajouter en vitesse un peu de poivre moulu, éventuellement un soupçon de muscade, un œuf
Et là, muni d’une belle cuillère en bois on touille le tout avec force et prestance pour bien lier tous les éléments et aérer la purée. Courage, ça fait les muscles.
Enfin, ajouter un grooos morceau de beurre et saler au gros sel gris. Re-mélanger un coup, vite fait, histoire de.
Servir avec un peu de persil ciselé vite fait. Elle ne doit pas attendre
L’idéal, c’est que la purée reste souple sans jamais se liquéfier. Les nostalgiques aimeront que quelques petits morceaux de pommes de terre aient échappé à l’écrasement total.
S’il est vrai que la nourriture nous fait et que nous sommes fait de nourriture, il y a un type qui nous montre que le monde entier peut se traduire en guerre de nourritures.
A vous de remettre les noms sur les choses, ya du facile et du plus corsé.
Bon, les hamburgers, les croissants, les crackers, ça va. Après il faut distinguer qui est derrière le boeuf Strogonov, les sushis, les brochettes, les kebabs etc
Après l’avoir dégustée chez Tata Féfile, sous la neige, il fallait que je m’attèle à la confection du vraie bonne pogne. Oui oui, le pain de Pâques qu’on fait toute l’année le long du Vercors.
Alors hop, au turf dès hier soir, vu qu’il faut une nuit de montée de pâte. Je découvre avec une répugnance délicieuse à quel point cette pâte est collante. Dingue! La pâte à brioche n’a qu’à aller se rhabiller. Ce pâton est l’ancêtre du post-it, du délire…
Bref, j’en suis venu à bout malgré sa résistance, il ne sera pas dit que je cèderai devant l’adversité!
Ensuite, juste après le boulot, je m’y remets, la pâte est devenue civilisée, avec une belle élasticité et se pétrit benoîtement, sans même offrir la moindre petite patouille. Alors je ne la ménage pas, la forme, la troue et la remet au repos.
Ha, la recette…
La Pogne à Tata Féfile
500g de farine, de la normale rien de spécial
175g de sucre
100g de beurre, fondu le beurre
1/2 cube de levure de boulanger, fraîche
1/2 verre de lait tiède, pour diluer la levure
3 oeufs et encore un jaune
de la fleur d’oranger, si on veut être puriste. La meilleur fleur d’oranger est la libanaise, c’est une merveille dans les cafés blancs, alors dans la pogne, c’est un délice. On peut aussi mettre de l’eau de rose ou un autre arôme léger et floral, à votre goût.
La procédure est simple.
La veille
oeufs (les trois, pas le jaune) + beurre fondu + sucre + farine + lait (avec la levure diluée) et la fleur d’oranger
pétrir au moins dix minutes le machin. Attention, je ne sais si je vous l’ai dit, mais ça colle.
laisser monter à température ambiante au moins toute la nuit
Le jour même
Reprendre la pâte, la fustiger du regard et la pétrir en prenant soin d’aérer largement le tintouin.
Former, c’est à dire faire un trou en gardant la texture et l’aspect lisse. Les plus peureux se contenterons de faire un gros boudin qu’il recolleront aux extrémités.
Laisser gonfler 2h de plus
Badigeonner au jaune d’œuf, celui qu’on avait pris la veille et qui en fait ne servait à rien.
Au four déjà chaud pour une trentaine de minutes à 180°, thermostat 6, oui, 6×3=18. Ne pas oublier dans le four un récipient d’eau histoire que la croûte soit belle et craquante.
Ça se déguste pas trop chaud, tiède c’est bon, mais froid aussi. Si elle est vraiment bonne, elle supporte très bien de rassir un peu et d’être grillée le matin. Avec de la confiture de groseilles.